L'ego bon élève
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Le chercheur spirituel vit une erreur de parallaxe.
Bon élève, il veut être "spirituellement correct". Ses réponses s'efforcent d'être à la hauteur spirituelle.Son attention est concentrée sur son discours, il travaille l'apparence. Il tend à ressembler à un idéal spirituel standard construit et figé par le mental. Il pense que l'accomplissement auquel il aspire est un jeu cérébral, un jonglage de croyances, une mémorisation de certitudes.
On peut dire que la notion d'éveil spirituel désigne l'effondrement de cet effort.
Éveillé, on ne saurait plus être conforme à un idéal ou une idée. On est éveillé à "la réalité de ce qui est", alors que dans le sommeil, nous rêvions complaisamment.
Lorsqu'une personne tient un discours conforme aux canons de la spiritualité en vogue, elle est en quête de reconnaissance. Si l'interlocuteur "résonne" à l'écoute du discours, il lui semble que tout va bien, que son acceptation au sein d'une famille est confirmée (et la demande de confirmation est incessante). Je vois souvent l'étonnement d'une telle personne, lorsque ce même discours correct, et généralement efficace, n'est soudain pas approuvé alors que, dans le même temps, quelqu'un dont l'expression est tout à fait "hors-normes" a pu être accueilli avec un sourire complice.
Éveillé, on ne saurait être conforme à un idéal, à une idée, autant dans l'écoute que dans l'expression. Ce n'est pas la hauteur ou la conformité des pensées qui témoigne de la Liberté. Être, "en toute simplicité", n'implique pas que nous nous glissions dans un moule. Il se peut que nous apparaissions conforme aux standards mais il se peut tout aussi bien que l'on n'y ressemble pas du tout. Il n'y a pas à chercher à être original non plus.
Ce que je souligne ici est une tentative maladroite de définir la simplicité absolue de "ce qui est", au-delà de toute conception mentale, par la négation de nos anticipations. Ce que je suggère par ces mots demande cependant à être rencontré intimement, en soi.
Thierry.