ISTENQS
Ici se termine enfin
Notre quête Spirituelle
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Ni singe, ni Sage

 

 l’éveil de l’homme nouveau

 

Une exploration du cerveau humain

en tant que siège de la conscience

 

Thierry Vissac

 

       

      Le cerveau est à la fois le siège et le véhicule de la conscience.  

Il est le véhicule des expressions de la force de vie.

L’évolution de cet organe, depuis des millions d’années, indique que de nouvelles capacités construisent de nouvelles aires du cerveau. Le cerveau grandit en même temps que l’espèce humaine.

On peut imaginer que le cerveau de l’être humain va continuer à évoluer (dans les générations futures) en même temps que ce dernier accède à des perceptions et des « compréhensions » de plus en plus subtiles de la force de vie qui l’anime et de sa relation à l’univers.

Cette expansion de la conscience humaine provoquera une expansion de son siège matériel, le cerveau.  

 

Les « trois cerveaux » (cerveau triunique[1])

 

                                

- Cerveau reptilien (instincts) = Il y a environ 200 millions d'années, la vie a donné naissance au cerveau des reptiles. Cette structure est toujours présente dans le cerveau humain : le mésencéphale (orange sur le dessin). Ce cerveau primitif permet des comportements stéréotypés programmés par les apprentissages ancestraux. Il domine les fonctions instinctives telles que l'établissement du territoire, la chasse, le rut et l'accouplement, l'apprentissage stéréotypé de la descendance, l'établissement des hiérarchies sociales, la sélection des chefs, la vie végétative.

- Cerveau mammalien (émotions) = L'étape suivante de l'évolution a doté le cerveau reptilien d'une enveloppe corticale chez les mammifères, qui a permis à ceux-ci d’élargir leur comportement stéréotypé et de s’adapter à l’environnement. Chez tous les mammifères, le cerveau est entouré d'un cortex primitif, le rhinencéphale (ou paléocéphale, bleu sur le dessin). Il continue à être le siège du niveau instinctif chez l'homme comme chez l'animal (le cerveau du « singe »).

- Cerveau humain (intellect) = Une troisième étape de l'évolution apparaît plus tardivement chez les mammifères les plus évolués : un néo-cortex (néocéphale, ocre sur le dessin) enveloppant les deux autres (il est constitué des aires bien connues : l’hémisphère gauche, l’hémisphère droit, le lobe frontal, soit 83% de la totalité du cerveau). L'espèce dotée de ce « complément » est alors capable d'adaptations originales par rapport au milieu. Le néo-cortex est considéré comme la base de l'imagination. Il permet la projection dans le futur à partir du passé et la contemplation du présent. Il fait de la "programmation" : il déduit le futur du passé, il fait de la "prospective" : il construit le futur comme bon lui semble (le cerveau du « sage »).

 

 

Les aires ou régions du néocortex  

   

 

 

Chaque zone du cerveau humain est spécialisée dans une fonction :

 

L'aire sensorielle (sensations):

L'aire psycho-sensitive (mémoire):

Les aires visuelle et psycho-visuelle (vue) :

Les aires auditives et psycho-auditives (ouïe) :

L'aire motrice (activité musculaire):

Les lobes frontaux (réflexion):

L'hypothalamus : dilatation ou contraction des vaisseaux cutanés, rythmes respiratoire et cardiaque, émission des larmes, hérissement des poils, sudation....

Le thalamus : réactions émotionnelles, somatiques ou viscérales.

Corps striés et cervelet : Répartition du tonus musculaire et régulation de la motricité.

Formation réticulée : Maintient le cortex à l'état d'éveil et assure la régulation de la vigilance.

 

Est-ce que tout cela semble complet ?

 

De nouvelles aires pour une nouvelle ère ?

 

La perception du cerveau triunique (trois cerveaux) est contestée par ceux qui ne souhaitent pas voir le cerveau comme le fruit d’une évolution ni comme le « siège » de la conscience et qui affirment que cet organe ne s’est pas développé par « strates » distinctes.

Les strates ne sont effectivement pas « distinctes », elles interagissent, mais elles ne sont cependant apparues que lorsque la conscience permettait l’existence de « nouveaux sièges » dans le cortex.

Les cerveaux reptiliens et mammaliens sont aujourd’hui encore dominants, même s’ils sont policés et contrôlés par le néo-cortex (autrement dit, la conscience du singe est tempérée par celle du « sage ». La « raison » permet généralement de maîtriser l’instinct).

Mais la vie quotidienne sur terre nous confirme que le barbare est toujours présent.

Le néo-cortex est le siège de l’intellect. Il est évident aujourd’hui que cet intellect hyper développé est source de divisions et de tensions parce qu’il lui manque un siège de sagesse pour l’équilibrer.

Les certitudes, les fanatismes, le culte de la pensée en général sont des dérives courantes de l’homme du néo-cortex. « L’expérience mystique », la « communion » (expliquées par quelques scientifiques en neurothéologie, comme le produit d’une fluctuation de la mécanique cérébrale, des velléités neuronales), bien qu’encore trop isolée aujourd’hui, est en passe de produire de nouvelles aires du cortex par transmission héréditaire.

 

Le processus d’évolution n’en est encore qu’à un stade primaire de déploiement de son potentiel. Dans des stades ultérieurs, l’homme verra sa capacité à vivre et exprimer la paix, la joie et l’amour trouver son assise sur de nouvelles aires du cerveau, au fur et à mesure de l’intégration de ses nouvelles capacités.

 

Les explorateurs de la conscience et de l'éveil spirituel (et non « les intellectuels ») sont les précurseurs du cerveau à venir qui s’adaptera de plus en plus rapidement à la capacité de l’homme nouveau à intégrer et propager de nouvelles expressions de la conscience, encore balbutiantes aujourd’hui.

 

La vie est pleine de ressources qui demandent à s’exprimer. Elles le feront avec le temps, très progressivement, jusqu’à conduire l’espèce humaine à un niveau qui, dans des milliers d’années, sera alors considéré comme une espèce entièrement nouvelle sur la terre.

 

Au-delà de nos projets personnels, dans le temps de cette incarnation, nous sommes les maillons éphémères d’une évolution qui n’a heureusement pas encore dit son dernier mot.

 


[1] C’est en 1962 que Paul MacLean, chef du laboratoire sur l'évolution et le comportement du cerveau à l'Institut national pour la santé mentale aux USA, expose la théorie des trois cerveaux : "L'homme se trouve dans cette situation complexe : la nature l'a doté essentiellement de trois cerveaux qui, en dépit de grandes différences de structure, doivent fonctionner ensemble et communiquer entre eux. » La tendance paranoïde serait une manifestation tout à fait typique de la coupure propre à l’espèce entre, d’une part, le limbique et le reptilien et, d’autre part, le néo-cortex. Il décrit l’état mental qui découle de cette coupure comme " une affectivité de peur, d’inquiétude, d’alarme, devenue permanente ". Et il précise plus loin : "La conscience est infectée de cette affectivité parasitaire de façon quasi constante ". MacLean estime que l’être humain peut corriger l’absence d’intégration physiologique des fonctionnements de ses « trois cerveaux » par une intégration psychologique, en pratiquant l’introspection, un travail sur soi.

 

                           © Thierry Vissac, Textes, photos et dessins sur toutes les pages du site .