La voie qui me convient... et la peur de grandir

 

 

Il n'y a pas de voie spirituelle. Il y a des choix plus ou moins inspirés qui n'ont rien à voir avec la Réalité qu'ils disent rechercher. La maternelle spirituelle n'est pas la fin de la quête. On y trouve des âmes en couches culotte qui font des choix de biberons avec des airs inspirés. Quel biberon apaisera mes larmes aujourd'hui ? et chacun exprime avec conviction le choix de son biberon tout en pleurant intérieurement sur le fait qu'un biberon en appelle un autre et que la quête est sans fin. L'étape biberon de la quête spirituelle est une étape qui fait partie du jeu mais quelque chose en nous tente de la faire durer bien au-delà des couches culotte. 

 

La peur de grandir s'exprime au moins autant dans les milieux spirituels que partout ailleurs. En fait, le plus souvent, l'ego pense avoir trouvé une garderie sympathique dans une structure spirituelle. L'objectif plus ou moins conscient étant de se sécuriser plutôt que de prendre le risque de rencontrer le Réel. Et le biberon prend des noms ésotériques mais il reste un biberon. Le Réel est à l'origine et à la fin de toute quête. Le choix d'une voie spirituelle est la récupération par l'ego d'une aspiration qui devrait conduire au-dedans de soi. C'est un peu comme si une petite bulle d'oxygène apparaissait au fond de notre conscience et que, sur son chemin vers les niveaux conscients, elle était prise en otage par la peur qui en faisait tout autre chose que de l'oxygène, en tout cas rien qui fasse vraiment respirer. 

 

L'impulsion à se réveiller des mirages est une bulle d'air. Elle appelle a prendre le risque de la vie. Elle nous invite à découvrir notre véritable nature. Nous entendons tous cet Appel et nous y répondons... à travers le filtre de nos peurs et des croyances qui se sont construites autour. Ainsi, pour "trouver Dieu", nous rencontrons des êtres qui font du Yoga, qui deviennent hommes ou femmes d'affaire, qui pratiquent la méditation ou qui se consacrent presque exclusivement à l'acte sexuel, qui enseignent ou qui étudient etc. et tout cela n'ayant rien à voir avec l'objet de notre quête n'est pas un "problème" ... tant que nous n'en faisons pas un choix déterminé. 

 

Mais tout cela ne signifie pas que nous ne devrions pas prendre de directions dans notre existence. Non, j'évoque ici la détermination terrorisée de l'ego dans ses orientations qui est le plus souvent un couvercle sur sa terreur de vivre. Il est donc utile de distinguer en soi ce qui nous sert de couvercle (de fermeture) de ce qui restaure le passage que nous sommes de l'expression de l'intelligence de la vie. Ces mots espèrent réveiller le courage de Vivre chez ceux qui se sont laissé hypnotiser par la peur. 

 

Nous voulons tous grandir mais nos choix immatures nous maintiennent longtemps dans l'immaturité. Nous avons construit avec précision un système de protection (parfois dit spirituel, parfois dit matérialiste) qui produit dans notre existence l'opposé de ce à quoi nous aspirons vraiment. Sortons de sous nos couvercles... ce qui va en jaillir n'est peut-être pas un petit diable à ressort  !

 

Thierry (2002)

                                                                                                                                                                                              

 

 

 

 

© Thierry Vissac 2001-2010