Thèmes des conférences de Thierry Vissac

 

« Etre avec ce qui est »

 

Comment accueillir et accompagner les expressions de l’intelligence de la vie en soi

 

Notre sagesse n’est qu’un masque devant le visage torturé de notre humanité toute nue.

Les jeux que nous jouons à la surface de notre vie ont été répétés de si nombreuses fois, pendant si longtemps, qu’ils sont inscrits de manière atavique dans nos comportements.

Dans la solitude de son cœur, l’humain sait pourtant que sa vraie nature attend son heure.

Personne ne nous a demandé de jouer les rôles et les personnages que nous jouons en surface de notre vie et cette douloureuse exigence que nous nous imposons et que nous infligeons à autrui est une catastrophe sociale et spirituelle autant que personnelle.

Nous ne connaissons pas bien le singe et le sage en nous et nous ne savons pas quelle société leur réconciliation pourrait construire si nous laissions tomber les masques.

Parce que tel est l’enjeu véritable : retrouver la voie médiane entre le projet du personnage superficiel, dont nous constatons l’échec, et celui du singe que nous avons refoulé au fond d’une oubliette mais d’où il continue à pousser de grands cris audibles.

Et cette réconciliation, ce point d’équilibre, se retrouvent avant tout dans notre vie personnelle bien avant de songer à construire une quelconque société.

La guérison pourrait être totale si nous ne niions plus notre vraie nature et si nous laissions s’écrouler les constructions fondées sur le mensonge.

 

« Pour une spiritualité sans passé »

 

Se libérer de la prison dorée de nos croyances sans perdre la substance de la spiritualité

 

Nous sommes tous conditionnés par des siècles de préceptes religieux et moraux auxquels s’ajoutent les croyances plus récentes des nouvelles spiritualités autant que de la religion laïque. Notre regard sur le monde et sur nous-mêmes est constamment déterminé par ces conditionnements. Nous ne sommes pas libres de voir le réel ; de réaliser qui nous sommes vraiment ; de connaître nos désirs, nos motivations et nos vocations, d’évaluer la justesse de nos actions et de nos choix, voire notre potentiel humain. Quoi que nous fassions sous l’emprise de ce conditionnement, nous ne progressons pas. Ce sentiment de « tourner en rond » est général en Occident où le désir de « se connaître » est aussi fort que la confusion est totale, où le souhait de voir évoluer nos sociétés se confronte à des « réflexes (in)humains » que la famille des hommes semble incapable de dépasser. Sans une « mise à plat » de tous nos systèmes de croyances, même ceux qui nous semblent a priori les plus légitimes, ce sentiment ne peut que persister et la nature essentielle de la spiritualité reste perdue, les efforts collectifs pour mieux « vivre ensemble » sont des échecs. Mais aurons-nous le courage d’abandonner nos croyances pour vérifier ce que nous pouvons découvrir, sur nous-mêmes, sur l’existence, une fois libérés de ce lourd héritage mental et émotionnel ? Cette conférence propose de le vérifier et d’entrevoir les perspectives spirituelles et humanistes qu’offre cette démarche.   

 

« Ni singe, ni sage » 

 

Comment renouer avec notre nature profonde, sans éviter la condition humaine ni éclipser ou pervertir les valeurs de la spiritualité.

 

Aujourd’hui, le singe est plus proche de la vérité toute nue que le sage. Je ne parle pas de « vérité ultime », d’un concept qui définirait la vie de manière absolue, mais de la vérité de ce qui nous traverse à chaque instant.

Nous ne sommes pas vrais et nous en souffrons beaucoup. Puis nous cherchons partout ailleurs la cause de nos tourments. Il semble impossible d’être vrai à celui qui veut satisfaire ses instincts ou ses intérêts, mais c’est un obstacle à franchir pour qui veut connaître la liberté.

 

« La demande d’amour »

 

Comment la demande d’amour, qui est essentiellement la nostalgie du sentiment le plus noble de notre humanité, se transforme en une quête affective réductrice et douloureuse.

 

L'Amour n'est pas une émotion.

L'Amour n'est pas lié à une personne et il ne lie à personne.

L'Amour est la substance même de la Vie.

On reconnaît "l'expérience" de l'Amour au fait qu'elle nous révèle la Nature essentielle de la Vie.

L'Amour est une Communion. Il ne s'agit même pas d'un sentiment, même si nous pouvons traduire la communion par ce terme.

L'objet, la situation ou l'être humain que nous croisons est le support ou la destination de l'Amour, c'est le moment où l'existence personnelle se reconnaît Unique et Infinie.

Il n'y a alors plus personne pour aimer une autre personne. 

Pour découvrir un amour d’une telle qualité, il est nécessaire de faire le chemin en soi de découverte de la quête affective afin de dissiper la confusion des sentiments et de renouer avec l’appel essentiel à l’origine de toutes nos quêtes.

 

« Une liberté authentique »

 

Nous avons toujours soif de joie, d’amour et de liberté. Mais c’est en soi qu’il faut se désaltérer. Quand nous nous penchons pour trouver l'essence de la vie en nous-mêmes, plutôt que de la chercher partout à l'extérieur, nous apaisons cette soif et découvrons le sens de la liberté.

 

L’être humain libre n’est pas celui qui s’est libéré de quelque chose (comme il veut se débarrasser du singe en lui ou de ses émotions) car la liberté n’est pas issue du conflit ou du rejet. La liberté est une relation ouverte à « ce qui est ». Celui ou celle qui peut accueillir l’intelligence de la vie dans ses formes multiples est libre, d’une liberté indicible mais précieuse et dont nous portons en nous une nostalgie vibrante.

Nous sommes invités à une exploration consciente d’une vie intérieure trop négligée, quand nous passons notre temps à courir partout à l’extérieur pour apaiser nos soifs. Cette exploration nous réserve des surprises sans nous couper de la relation à l'autre qui ne peut qu'être régénérée par notre émancipation.  

 

 

 

 

 

 

© Thierry Vissac 2001-2011